Guide des sources de l'histoire du féminisme

Guide des sources de l'histoire du féminisme
En France, de la Révolution à nos jours

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N° fiche78
CoteNon précisée
Titre du fondsFonds Gabrielle Duchêne
Dates extrêmes1913-1940
Volume9 ml
Mode d'entréeDépôt
Origine du fondsArchives déposées par la fille de Gabrielle Duchêne
Notice historiqueGabrielle Duchêne (prénom officiel : Mathilde) est née à Paris le 26 février 1870, morte à Zürich le 3 août 1954. Présidente de la section française de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté (LIFPL) de 1919 jusqu'à sa mort en 1954, Gabrielle Duchêne est considérée comme l'une des figures de proue du féminisme pacifiste français. Elle fit partie, dès le début de la Première Guerre mondiale, du petit noyau de pacifistes qui refusèrent l'Union sacrée et participa en 1915, au lendemain du Congrès international des femmes qui s'était tenu à La Haye, à la fondation de la section française du Comité international des femmes pour une paix permanente. Mais ses activités militantes ne se limitèrent pas aux mouvements pacifistes : elle s'intéressa très vite aux problèmes du travail féminin, et notamment à la situation des ouvrières à domicile. Elle créa ainsi, en 1908, une coopérative de lingères, L'Entraide, fonda en 1913 l'Office français du travail féminin à domicile et devint la même année présidente de la section « Travail » du Conseil national des femmes françaises (CNFF). En même temps elle publia de nombreux articles et brochures sur le salaire minimum et le travail à domicile. Mais ses positions pacifistes, en 1915, lui valurent d'être démise de ses responsabilités au CNFF. Durant les années vingt, l'engagement politique de Gabrielle Duchêne évolua progressivement. Elle se rapprocha du PCF, dont elle resta jusqu'au bout compagne de route sans y adhérer, participa en 1927 à une délégation de la CGT unitaire en URSS et assista aux fêtes du dixième anniversaire de la révolution russe. Elle participa en 1932 au Congrès mondial contre la guerre impérialiste à Amsterdam et devint présidente du Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme. Elle participa aussi aux oeuvres de secours aux enfants (Comité international de la Croix-Rouge et Comité français de secours aux enfants), plus particulièrement les enfants des pays éprouvés par les guerres et les famines, ceux d'URSS dans les années 1921-1923, plus tard ceux d'Ukraine.
Description du fondsLes archives de Gabrielle Duchêne ont été sauvées in extremis, après sa mort, par une conservatrice de la BDIC, Christiane Lacour, qui était en contact avec sa fille. Celle-ci avait conservé tous les papiers de sa mère dans l'appartement familial, à Paris. Ces archives ont été déposées à la BDIC dans les années 1970 et classées quelques années plus tard par Françoise Blum et Michel Dreyfus. Ce fonds représente une source très précieuse pour toutes les recherches sur les mouvements féministes pacifistes : on y trouve les rapports et résolutions présentés lors des congrès de la LIFPL et de sa section française, les procès-verbaux ou comptes rendus des réunions du Comité exécutif international, la correspondance avec les sections locales et avec les autres organisations féministes… Mais on y trouve aussi des dossiers sur tous les autres terrains d'action de Gabrielle Duchêne : sur le féminisme et les activités d'associations féministes de divers pays dans les années 1920-1940, sur l'Alliance internationale pour le suffrage des femmes, sur le Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme (1933-1939) et sa section française, sur le Conseil international des femmes, notamment les congrès de La Haye (1913), Rome (1914), Washington (1915), sur des organisations antifascistes comme le Comité Thaelmann ou le Rassemblement universel pour la paix (RUP), ou encore sur l'aide aux Juifs fuyant l'Allemagne. Autre reflet de ces activités multiples : quantité de journaux, revues, bulletins et brochures venus des quatre coins du monde (ou presque), qui traitent non seulement des différents mouvements féministes dans le monde mais aussi des questions sociales telles que la réglementation du travail, l'assistance, le chômage. Et d'innombrables coupures de presse sur l'Europe, l'Amérique, l'URSS de 1919 à 1939. Gabrielle Duchêne s'intéressait à tout et avait rassemblé plusieurs centaines de livres sur les questions sociales et politiques en Europe, en Russie et en Amérique, de 1914 à 1945, qui sont venus s'intégrer aux fonds existant déjà sur ces sujets à la BDIC. De nombreuses affiches, photos, cartes d'organisations diverses complètent cet ensemble. Il ne faut pas oublier enfin son extraordinaire correspondance (5 cartons d'archives, de 1910 à 1940), source unique renseignant à la fois sur la vie quotidienne de Gabrielle Duchêne, sur ses amis, ses relations et sur son militantisme. Ces lettres mériteraient à coup sûr un classement analytique et une publication exhaustive.
Sources complémentairesAu total, le fonds Gabrielle Duchêne représente une centaine de cartons d'archives (archives imprimées, manuscrits, tapuscrits, dossiers de presse, correspondance, tracts, etc.), classés à des cotes différentes.
Nature des documentsDocuments écrits
Traitement du fonds
Supports pour la communication
Instruments de rechercheInventaire consultable sur place
Bibliographie
Conditions de communicationLibre
Sujet(s)
Code lieuBDIC
Lieu de conservation
Note
Date de création de la fiche01-01-2006
Date de modification de la fiche
CréditsFiche créée par Archives du féminisme. Réutilisation commerciale interdite.

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Version en ligne du Guide des sources de l'histoire du féminisme (dir. C. Bard, A. Metz, V. Neveu) publié aux Presses universitaires de Rennes en 2006 à l'initiative de l'association Archives du féminisme. Réalisation du M2 Bibliothèques de l'université d'Angers (février 2010). Données publiées avec l'aimable autorisation des PUR et des établissements ou associations cités.