Guide des sources de l'histoire du féminisme

Guide des sources de l'histoire du féminisme
En France, de la Révolution à nos jours

Fiche détaillée

<< Précédent   Suivant >>

N° fiche79
CoteF delta rés. 798/9.
Titre du fondsLigue des Droits de l'homme (LDH)
Dates extrêmes1898-1940
Volume
Mode d'entréeDépôt
Origine du fondsEn 1940, les archives de la LDH furent emportées en Allemagne. A la fin de la guerre, l'armée soviétique, les emporta à Moscou. Ce n'est qu'en 2000 qu'elles furent rapatriées en France. La LDH a décidé de les déposer à la BDIC.
Notice historiqueDans ces archives très volumineuses, bien peu concernent les droits des femmes : moins d'un carton sur 659 ! La minceur de ce dossier, cependant, n'enlève rien à son intérêt, car il concerne la mise en place, durant quelques années (entre 1923 et 1937), d'une Commission féministe de la LDH, chargée d'étudier « les problèmes juridiques et sociaux concernant spécialement les femmes ». Ces archives montrent à la fois l'importance apportée par la direction de la LDH à la défense des droits des femmes, et en même temps les réticences – pour ne pas dire plus – de nombreux ligueurs de base. Ces archives débutent par une lettre de la LDH d'août 1923 adressée à Cécile Brunschvicg, dirigeante de l'Union française pour le suffrage des femmes (UFSF), l'invitant à participer à une commission chargée de présenter au comité central de la LDH « des avis et des projets » sur les revendications des femmes. On trouve ensuite dans ces archives les comptes rendus de plusieurs réunions de cette commission : les premières, en 1924, sur le droit de vote des femmes, puis également, par la suite, sur les droits civils des femmes (notamment l'incapacité des femmes mariées, toujours placées sous la tutelle de l'autorité maritale). Réunions qui débouchent notamment sur la réalisation d'un numéro du bulletin de la LDH consacré au suffrage des femmes (Les Cahiers des droits de l'homme, 29e année, n° 3, 30 janvier 1929, pp. 49-68). Mais si ces archives s'échelonnent de 1923 à 1937, force est de constater que ce calendrier comporte plusieurs grands « vides » : rien en 1925-1926, puis à nouveau rien de 1930 à 1936. Il semble bien que cette commission a cessé de se réunir durant ces périodes. La commission est donc convoquée à nouveau, avec à l'ordre du jour un « plan de travaux pour l'année 1937 ». Suivent les notes manuscrites de trois réunions de la commission consacrées à l'examen du projet de loi sur la capacité civile de la femme mariée adopté par le Sénat en mars 1937, que la commission juge » sans réalisation pratique suffisante » et pour lequel elle propose des modifications. Mais les archives de cette commission s'arrêtent définitivement là. Signalons la présence, dans ces archives, d'un “voeu” adressé à la commission par une adhérente de la LDH : « Féministe convaincue, mais laïque avant tout, je verrais actuellement avec la plus grande appréhension la brusque arrivée de la femme dans la lutte politique à laquelle rien encore ne l'a préparée ». Car ce voeu, envoyé à la commission avec « la pleine adhésion » de la section de Sisteron de la LDH, ne fait que refléter une opinion largement répandue à l'époque parmi les adhérents de base (et vigoureusement défendue par nombre de militants radicaux et socialistes), selon laquelle le suffrage des femmes représenterait un « péril clérical et réactionnaire ».
Description du fondsDans ces archives très volumineuses, bien peu concernent les droits des femmes : moins d'un carton sur 659 ! La minceur de ce dossier, cependant, n'enlève rien à son intérêt, car il concerne la mise en place, durant quelques années (entre 1923 et 1937), d'une Commission féministe de la LDH, chargée d'étudier les problèmes juridiques et sociaux concernant spécialement les femmes. Ces archives montrent à la fois l'importance apportée par la direction de la LDH à la défense des droits des femmes, et en même temps les réticences – pour ne pas dire plus – de nombreux ligueurs de base. Ces archives débutent par une lettre de la LDH d'août 1923 adressée à Cécile Brunschvicg, dirigeante de l'Union française pour le suffrage des femmes (UFSF), l'invitant à participer à une commission chargée de présenter au comité central de la LDH des avis et des projets sur les revendications des femmes. On trouve ensuite dans ces archives les comptes rendus de plusieurs réunions de cette commission : les premières, en 1924, sur le droit de vote des femmes, puis également, par la suite, sur les droits civils des femmes (notamment l'incapacité des femmes mariées, toujours placées sous la tutelle de l'autorité maritale). Réunions qui débouchent notamment sur la réalisation d'un numéro du bulletin de la LDH consacré au suffrage des femmes (Les Cahiers des droits de l'homme, 29e année, n° 3, 30 janvier 1929, pp. 49-68). Mais si ces archives s'échelonnent de 1923 à 1937, force est de constater que ce calendrier comporte plusieurs grands vides : rien en 1925-1926, puis à nouveau rien de 1930 à 1936. Il semble bien que cette commission a cessé de se réunir durant ces périodes. La commission est donc convoquée à nouveau, avec à l'ordre du jour un plan de travaux pour l'année 1937. Suivent les notes manuscrites de trois réunions de la commission consacrées à l'examen du projet de loi sur la capacité civile de la femme mariée adopté par le Sénat en mars 1937, que la commission juge sans réalisation pratique suffisante et pour lequel elle propose des modifications. Mais les archives de cette commission s'arrêtent définitivement là. Signalons la présence, dans ces archives, d'un “voeu” adressé à la commission par une adhérente de la LDH : «Féministe convaincue, mais laïque avant tout, je verrais actuellement avec la plus grande appréhension la brusque arrivée de la femme dans la lutte politique à laquelle rien encore ne l'a préparée». Car ce voeu, envoyé à la commission avec la pleine adhésion de la section de Sisteron de la LDH, ne fait que refléter une opinion largement répandue à l'époque parmi les adhérents de base (et vigoureusement défendue par nombre de militants radicaux et socialistes), selon laquelle le suffrage des femmes représenterait un péril clérical et réactionnaire.
Sources complémentaires
Nature des documentsDocuments écrits
Traitement du fonds
Supports pour la communication
Instruments de recherche
Bibliographie
Conditions de communicationLibre
Sujet(s)
Code lieuBDIC
Lieu de conservation
Note
Date de création de la fiche01-01-2006
Date de modification de la fiche
CréditsFiche créée par Archives du féminisme. Réutilisation commerciale interdite.

Accueil | Recherche avancée | Résultats de la dernière recherche | Voir toutes les fiches | Haut de page | Aide

Version en ligne du Guide des sources de l'histoire du féminisme (dir. C. Bard, A. Metz, V. Neveu) publié aux Presses universitaires de Rennes en 2006 à l'initiative de l'association Archives du féminisme. Réalisation du M2 Bibliothèques de l'université d'Angers (février 2010). Données publiées avec l'aimable autorisation des PUR et des établissements ou associations cités.