Guide des sources de l'histoire du féminisme

Guide des sources de l'histoire du féminisme
En France, de la Révolution à nos jours

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N° fiche80
CoteF delta rés. 797
Titre du fondsFonds ADIR (Association nationale des Anciennes Déportées et Internées de la Résistance)
Dates extrêmes1940-2006
Volume3 ml
Mode d'entréeDépôt
Origine du fondsArchives déposées à la BDIC par la présidente de l'ADIR
Notice historiqueL'ADIR est une association féminine qui regroupe exclusivement des résistantes ayant été emprisonnées ou déportées du fait de leur engagement : elle est la seule association de femmes dans un monde de combattants essentiellement masculin. Il y eut d'abord, en octobre 1944, création de l'Amicale des prisonnières de la Résistance (APR), par des résistantes qui avaient été internées dans les prisons françaises (notamment à Fresnes et à La Santé). Son but était de venir en aide matériellement et psychologiquement aux prisonnières récemment relâchées, mais aussi de préparer le retour de celles qui avaient été déportées. Dans le même temps, plusieurs résistantes déportées à Ravensbrück (principal camp d'internement de femmes) avaient envisagé de créer, à leur retour en France, une association qui leur permettrait de prolonger les liens noués dans les camps, d'apporter à toutes un soutien moral, médical et social et d'honorer la mémoire de leurs camarades disparues. De la conjonction de ces deux projets est née l'ADIR, peu de temps après le retour des déportées de Ravensbrück : l'assemblée générale constitutive eut lieu le 4 novembre 1945. Si le but premier de cette association était l'entraide, très vite apparut aussi le « devoir de témoigner », individuellement et collectivement : « Nous avons eu la chance de survivre, nous devons être des témoins ». Mission qui, au fil des temps, au fur et à mesure de la disparition de ses adhérentes, est devenu son objectif prioritaire : l'ADIR a ainsi appelé récemment ses adhérentes à déposer « notes, récits, écrits ou enregistrés, correspondance, documents officiels ou clandestins, de nos, vos ‘trésors' constitués et sauvés quelquefois au péril de nos vies » (Voix et Visages, bulletin bimestriel de l'ADIR, n° 291, novembre/décembre 2004).
Description du fondsLes archives de l'ADIR comportent à la fois des documents internes (le fichier social de l'association) et des documents collectés par elle. On y trouve ainsi la liste des résistantes déportées à Ravensbrück et la liste de celles groupées dans les Kommandos. Le Fichier du souvenir de l'ADIR comporte 90 fiches biographiques écrites par des camarades sur des résistantes mortes en déportation afin de « sauver d'une seconde mort les disparues dont le nom est à peine connu ». On trouve également plusieurs témoignages de déportées relatant leur action dans la résistance puis les conditions de survie dans les camps, ou parfois le récit de leur évasion. Et plusieurs carnets de cuisine, écrits pendant la déportation, pour oublier la faim… Citons également le récit de son activité de résistante rédigé à son retour de Ravensbrück par Yvonne Oddon, fondatrice de la Bibliothèque du Musée de l'homme, qui participa dès 1940 à la constitution du Réseau du Musée de l'homme, fut arrêtée en février 1941, condamnée à mort puis déportée en Allemagne en 1942 et libérée en avril 1945. Une grande partie des archives de l'ADIR concerne les expérimentations pseudo-scientifiques exercées par les médecins allemands sur des prisonnières dans les camps de concentration (stérilisation, expériences hématologiques…), surtout des Polonaises, et toutes les activités de la Commission d'indemnisation des victimes de ces expérimentations mise en place par l'ADIR dès la fin de la guerre, avec l'appui de Caroline Ferriday et des amis américains de l'ADIR : après le refus du gouvernement de la RFA, en 1957, d'indemniser les victimes survivantes, Caroline Ferriday organisa la venue aux États-Unis de plusieurs d'entre elles, afin qu'elles puissent se faire soigner et en même temps témoigner de leur expérience. L'action de l'ADIR et de Caroline Ferriday permit d'obtenir enfin, en 1961, l'accord de la RFA pour l'indemnisation des victimes. On trouve également, dans ces archives, plusieurs cassettes audio ou vidéo : un film produit par l'Amicale de Ravensbrück, des émissions de France Culture ou de Présence protestante consacrées à l'ADIR, plusieurs documentaires sur Geneviève de Gaulle Anthonioz, présidente de l'ADIR de 1958 à 2002, ainsi que des interviews d'autres membres très actives de l'ADIR réalisées par la BDIC. Les archives de l'ADIR, ce sont aussi des objets et vêtements revenus des camps et conservés maintenant au Musée d'histoire contemporaine.
Sources complémentaires
Nature des documentsDocuments écrits. Documents iconographiques. Objets.
Traitement du fonds
Supports pour la communication
Instruments de rechercheInventaire consultable sur le site de la BDIC
Bibliographie
Conditions de communicationLibre
Sujet(s)
Code lieuBDIC
Lieu de conservation
Note
Date de création de la fiche01-01-2006
Date de modification de la fiche
CréditsFiche créée par Archives du féminisme. Réutilisation commerciale interdite.

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Version en ligne du Guide des sources de l'histoire du féminisme (dir. C. Bard, A. Metz, V. Neveu) publié aux Presses universitaires de Rennes en 2006 à l'initiative de l'association Archives du féminisme. Réalisation du M2 Bibliothèques de l'université d'Angers (février 2010). Données publiées avec l'aimable autorisation des PUR et des établissements ou associations cités.