Villars (I. de), Cinq cents photos pour mieux connaître Yvette Roudy

Le fonds Yvette Roudy du Centre des archives du féminisme d’Angers ( 5 AF) vient de s’enrichir de 500 photos. Cinq cents documents retraçant plus de trente ans de vie publique et témoi­gnant d’un double engagement en faveur des femmes et de la gauche. Socialiste, élue locale à Lisieux, parlementaire européen, ministre des Droits de la femme sous Mitterrand, présidente de l’Assemblée des femmes aujourd’hui… Y. Roudy a été présente sur tous les fronts à la confluence du socialisme et du féminisme. Ces photos sont avant tout celles d’une femme militante dont l’action est montrée à la fois dans sa diversité et sa singularité. Ainsi, en tant que ministre dans les gouvernements Mauroy puis Fabius (1981-1986) se succèdent visites, voyages officiels, inauguration de Centres d’information sur les Droits des femmes, conférences et expositions sur l’égalité professionnelle, manifesta­tions pour la journée de la femme etc.

De nombreuses photos témoignent de sa vie en tant que maire de Lisieux (1989 à 2001), patrie de sainte Thérèse. Yvette Roudy y apparaît avec des personnalités de l’Eglise catholique. « La cohabitation se passait bien, Je recevais des évêques tous les ans lors du pèlerinage. Je n’allais pas à la messe mais au déjeuner » (1). Yvette Roudy a aussi permis à Lisieux de se développer. « J’ai épuisé plusieurs ministres pour obtenir le contournement routier de la ville » (2). De nombreuses photos illustrent ainsi ses actions en tant qu’élue locale en faveur de la politique de la ville.

Les campagnes électorales, présidentielles de 1981, de 2002, législatives dans le Calvados et municipales à Lisieux font aussi l’objet de clichés. Yvette Roudy apparaît sur certaines photos entourée de nombreuses personnalités du monde politique, François Mitterrand et des membres du PS bien sûr mais aussi Tony Blair, Leopold Sédar Senghor, Shimon Peres etc. D’autres personnalités comme Betty Friedan, Kate Millet, Marie-Thérèse Eyquem sans oublier Simone de Beauvoir illustrent ses amitiés liées à son engagement féministe. Des femmes que l’on retrouve sur les photos de dîners mensuels organisés chez Yvette Roudy où l’« on rigolait bien » (4). Colette Audry, « ma seconde mère, celle qui m’a tout ap­pris »4, figure aussi sur ses photos ainsi que Sylvie Le Bon de Beauvoir, Anne Zélenski et Michelle Coquillat. Enfin, des photos plus personnelles illustrent son enfance et son adolescence à Pessac, en Gironde : photos de famille, photos de classe ou encore photos de vacances dans le Pays Basque, mais aussi, des clichés de son discret mari Pierre Roudy, « compagnon d’une vie » (3), d’autres de ses vacances chez des amis, ou à Cibourg qui montrent Yvette Roudy loin des sunlights de la politique. Toutes ces photos apportent au fonds d’archives un éclairage supplémentaire. Depuis 1999, Yvette Roudy écrit son journal chaque jour. « Depuis que l’Assemblée nationale m’a proposé de me donner un ordinateur portable et des cours d’informatique » (4). Journal qui peut-être un jour rejoindra le fonds Yvette Roudy et témoignera d’une autre façon de sa vie d’éternelle militante.

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(1) Séance de travail d’Isabelle de Villars avec Yvette Roudy à son domicile, 27 juin 2008.
(2) Séance de travail du 2 juillet 2008.
(3) Séance de travail du 3 juillet 2008.
(4) Séance de travail du 18 juin 2008.

Isabelle de Villars, « Cinq cents photos pour mieux connaître Yvette Roudy ». 
Extrait du Bulletin Archives du féminisme n° 14,  juin 2008.