In memoriam – Simone Iff

Par Bibia Pavard.

Le féminisme français a perdu une grande figure avec le décès de Simone Iff le 29 décembre 2014 à Paris. Militante sans relâche, elle a été au premier plan des luttes pour les droits reproductifs, pour la liberté sexuelle et contre les violences faites aux femmes. Née en 1924 dans une famille protestante du Tarn, elle s’engage très tôt. Avec son mari, Werner Iff, elle entre dans la Résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale. Au début des années 1950, désormais installée à Paris, elle milite dans le Mouvement protestant Jeunes Femmes puis le Mouvement français pour le planning familial. Elle y gravit les échelons : hôtesse d’accueil en 1963, elle en devient la première présidente qui ne soit pas médecin en 1973. Entre temps elle a participé aux événements de mai et juin 1968 et à l’émergence du Mouvement de libération des femmes. Elle s’est engagée dès 1970 dans la lutte pour l’avortement libre et gratuit en se rendant aux manifestations, en recueillant des signatures pour le manifeste des 343 femmes ayant déclaré avoir avorté dans Le Nouvel Observateur le 5 avril 1971, en témoignant au procès de Bobigny en 1972 ou encore en participant à la création du Mouvement pour la liberté de l’avortement et la contraception en 1973 et en en devenant l’une des deux vice-présidentes. Lorsque François Mitterrand est élu président de la République, Simone Iff entre au cabinet d’Yvette Roudy, ministre aux Droits de la femme, où elle est conseillère technique responsable de la santé de 1981 à 1983. Elle y travaille sur les questions de contraception, d’avortement, de viol, violences et de prostitution. Après cette expérience, elle continue son militantisme, notamment sur les questions de prostitution et de viol. Elle participe à partir de 1986 à la fondation et à l’animation du Collectif féministe contre le viol. En 2000, Simone Iff avait fait don de certaines de ses archives à la Bibliothèque Marguerite Durand, fonds qui a été complété en 2015 par sa fille.