Nous avons lu : Françoise Thébaud, Socialisme, femmes et féminisme

Compte rendu de l’ouvrage de Françoise Thébaud, Socialisme, femmes et féminisme, Paris, Fondation Jean Jaurès, 2010, 58 pages.

Fondatrice de la revue Clio et de l’association pour la promotion de l’histoire des femmes et du genre, Mnémosyne, Françoise Thébaud, professeure émérite d’histoire contemporaine, analyse dans un essai tonique de 58 pages les relations complexes entre le féminisme et le socialisme. Ces deux « corpus d’idées » prétendent changer le monde en luttant contre des dominations différentes mais parfois convergentes. Un hommage à Madeleine Rebérioux (1920-2005), historienne et première femme à avoir présidé la Ligue des Droits de l’Homme, introduit cette étude sur l’interaction femmes-féminisme-socialisme : promixités, différences, divergences, la thématique du travail constituant un thème de débat porteur et commun à ces deux courants.

Avec brio et clarté, Françoise Thébaud synthétise l’historiographie à l’échelle européenne, voire mondiale. Le bilan sur la parité reste, depuis les dernières élections, d’une criante actualité. L’ouvrage n’oublie pas les icônes socialistes et féministes. Françoise Thébaud conclut sur l’héroïne de son essai, Madeleine Rebérioux, femme, engagée, « historienne citoyenne et citoyenne historienne ». L’auteure soutient qu’en comparaison avec les milieux académiques d’autres pays, le monde des historiens universitaires français est « moins hostile à la féminisation du corps enseignant qu’au développement et à l’institutionnalisation du champ de recherche sur les femmes et le genre » (p. 24). Françoise Thébaud, pour sa part, aura grandement contribué à la promotion de l’histoire des femmes.

 
Compte rendu rédigé par Corinne Bouchoux.
Extrait du Bulletin Archives du féminisme, n° 22, décembre 2014.