Nous avons lu : Leïla Sebbar, Le Pays de ma mère. Voyage en Frances

Compte rendu de l’ouvrage de Leïla Sebbar, Le Pays de ma mère. Voyage en Frances, Saint-Pourçain-sur Sioule, Bleu autour, collection D’un regard l’autre, 2013, 219 pages.

Après avoir magnifiquement écrit l’Algérie de son père et de son enfance, Leïla Sebbar commence, par fragments, à explorer la France de sa mère, une « Française de France » institutrice mariée à un instituteur algérien, « indigène de la colonie ». Elle ne l’explore pas seule et associe à son livre des écrivain-e-s qu’elle invite à écrire aussi sur leur France. Cette quête mène aux ancêtres, aux lieux fondateurs (les écoles publiques par exemple), aux paysages (rivières) ; elle continue avec Mai 68 et le mouvement de libération des femmes. Découvrir Paris, ses rues, ses cafés. Vibrer aux musiques de la révolution. Rencontrer d’autres femmes. À la première personne, plusieurs racontent : Cathy Bernheim, Michelle Perrot, Catherine Deudon, Liliane Kandel, Laure Adler, Françoise Vergès, Anne-Marie Lugan-Dardigna, Geneviève Fraisse, Xavière Gauthier, Chantal Chawaf. L’équipe d’Histoire d’elles, qui compte en son sein Nancy Huston, est aussi présentée : c’est une contribution à retenir sur l’histoire des revues féministes. Leïla Sebbar réalise un drôle de livre, attachant, composite, qui séduit aussi par ses nombreuses illustrations – photographies de lieux, de familles, et œuvres de Sébastien Pignon.

 

Compte rendu rédigé par Christine Bard.
Extrait du Bulletin Archives du féminisme, n° 22, décembre 2014.